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Mercredi 15 Février 2006

Institut d’Etudes Politiques

   Séminaire : Moyen Orient

   Professeur DROZ Vincent

 Le conflit israélo-arabe

     Présenté par :   

     Mr :BAHMED Amar et KEBAB Amine

___________________________________________________________________________

 

 

 

Introduction :

 

 

 

I / L’affrontement israélo-arabe

 

 

A/ l’initiative de création de l’Etat d’Israël.

 

1/  La Palestine : colonie britannique

2/ Origine du sionisme.

3/ Formation de l’Etat d’Israël (1948)

B/ La montée du nationalisme arabe. 

1/ Les différentes guerres Israélo-Arabe.

3/ Apparition des mouvements organisés (OLP-SDLP-SDPLP-CNP)

 

4/ L’Intifada.

 

 

II/ Le rapprochement israélo-palestinien et la situation actuelle:

      

 

A/ Les négociations israélo-palestiniennes et la deuxième Intifada

 

1/ Conférence de Madrid en octobre 1991.

 

2/  traité d’Oslo I et II.

 

3/ La deuxième Intifada.

 

B/ les derniers développements. 

    

1/ La mort du chef de l’autorité palestinienne Yasser Arafat.

 

2/ Le nouveau gouvernement palestinien.

 

3/ le retrait de Gaza.

 

 

Conclusion.

 

 

 

 

Introduction:

 

        Le conflit israélo-arabe occupe régulièrement le premier rang des événements contemporains, dont on le voit sous  forme d’une lutte  intense dans la région entre deux communautés en particulier israélo-palestinien, israélo-syrien et israélo-libanais, mais le conflit qui entraîne l’attention dans la région c’est bien évidemment, le problème israélo-palestinien, où ils se disputent une même terre au nom de  politiques opposées, alimenté par une immigration massive permettant à une population extérieure en Palestine de s'y implanter de même qui rend la situation très complexe. Souvent incompréhensive, les images sont toujours les mêmes, aucun repère historique bien fondé, aucune explication géopolitique ne viennent l'éclairer, il arrive au point où la considère comme un mythe dans une réalité, mais nous sommes condamnés de connaître cette réalité, connaître l'histoire de cette question est indispensable afin e faire  une bonne analyse sur ce qu'il s'y passe actuellement où on trouve que chaque date est  encrée en mémoire.

        Avant tout il est utile d'approfondir aux origines de ces deux communautés, au sens même des termes et les noms de ces deux dernières.

Alors,"Palestine" (Grec ancien: Palaïstinè ; Latin:(Syria) Palæstina , Arabe :(Filastin) désigne depuis l'Antiquité la région située entre la mer Méditerranée et le Jourdain. Elle est aujourd'hui habitée par les peuples israélien et palestinien et comprend l ' Etat d'Israël et ce qui est communément appelé "Territoires palestiniens occupés". Ce terme Palestine a une longue histoire et a le plus souvent désigné une division administrative ou politique d'un empire, depuis l'époque romaine jusqu'à l'époque ottomane puis sous le mandat britannique, à l'exception notable de l'époque des Croisades pendant lesquelles cette "Terre sainte", qui a une place essentielle dans les trois grandes religions monothéistes, a été disputée pour sa signification religieuse. Pour le peuple juif, ce territoire est nommé 'Erets Israël' et est considéré comme un héritage biblique. Les Arabes de Palestine ont pris, dans l'histoire moderne, le nom de "peuple palestinien", en référence à cette terre. "Palestine" est également destinée à devenir le nom de l'Etat. Pour le terme juif en notent évidement qu'il recouvre un large champ sémantique, et désigne généralement une personne de confession juive, une personne d'ascendance Juive matrilinéaire ou une référence à la culture développée par les membres de la communauté ou du 'Peuple Juif' Cependant, le sens a évolué, au cours des siècles et des déplacements des populations d'origine juive, pour désigner au-delà d'une communauté de croyance dont il a réclamé un Etat souverain.

 

        Dans cette étape décisive que connaît la région, avec ces tentatives de paix, on ne peut s’empêcher d’essayer de trouver des réponses aux mutations de ces deux nations qui sont appelées à vivre côte à côte.

Quelles sont les moments cruciaux qui ont marqué l’histoire de ce conflit ? Où on est-il avec  les différentes négociations importantes engagées par les deux parties ?

Y’a t’il une vraie résolution de ce conflit ?

 


      C’est dans ce climat que commence la longue histoire de cette sensible région, évidemment c’est le paradoxe des idées entre les deux communautés et puis l’affrontement décisif entre eux (I) lors de l’initiative de la  création de l’Etat d’Israël (A) avec l’appui de la Grande Bretagne comme colonisateur de la Palestine (1), de même qu’elle  renvoi la légitimité de la création d’un Etat pour les juifs selon le souhait du mouvement politique sioniste (2) dont il se concrétisa en  1948 en créant l’Etat d’Israël. (3)

 

       Par ailleurs la réaction du monde arabe été dignement forte (B) qui s’est traduit par des soulèvements et des guerres  (1)  organisées par des mouvements structurés (2), malgré tout, l’Etat d’Israël s’est implanté, alors une autre façon de dénoncer le rejet de cet état c’était par un soulèvement nommé l’Intifada.(3)

 

       La situation cannait une impasse qui a obligé les deux parties à opter pour le rapprochement (II) et les négociations (A) Qui ont débuté par la Conférence de Madrid en 1991 (1), et le traité d’Oslo en 1992 (2) qui a préparé le terrain pour la signature d’un accord de reconnaissance mutuelle et l’établissement  d’un principe d’autodétermination. (3)

 

        Malheureusement tout ce processus de paix est considéré comme une politique d’apaisement dont on constate que la situation se dégrade de plus en plus notamment avec les derniers événements (B) principalement avec la mort d’Arafat  (1) mais le changement du gouvernement palestinien (2) a donné du sang neuf à  la situation en relançant le processus de paix  qui a dégagé en premier lieu le retrait de Gaza. (3)

 


I / L’affrontement israélo-arabe



A/ l’initiative de création de l’Etat d’Israël.

 

Au 4ème siècle, la Palestine, Terre sainte, devient le centre du pèlerinage chrétien. Un âge d'or économique, politique et culturel suivit. La plus grande partie de la population se voua à l'hellénisme et au christianisme. Toutefois, les dominations romaine puis byzantine furent brièvement interrompues par l'occupation perse (614-629). La domination byzantine s'acheva lorsque les armées arabes envahirent le pays et prirent Jérusalem en 638 après Jésus-Christ. La Palestine était aussi une terre sainte pour l'islam car le prophète Mahomet avait désigné Jérusalem comme le premier qibla (la direction vers laquelle se prosternent les musulmans pour la prière). La tradition musulmane raconte également que Mahomet se serait élevé dans le ciel depuis l'emplacement du temple de Salomon, où fut par la suite construit le Dôme de pierre. Jérusalem devint donc la troisième ville sainte de l'islam.

La plupart des Palestiniens adoptèrent la culture islamique et arabe. Lorsque le pouvoir passa aux Abbassides de Bagdad en 750, la Palestine fut négligée. Ce fut une période agitée faite de dominations successives par les Seldjoukides, les Fatimides et par les croisés européens. Toutefois, le pays partagea la gloire de la civilisation islamique à son âge d'or des sciences, de l'art, de la philosophie et de la littérature. Les musulmans préservèrent les connaissances grecques et développèrent de nouveaux domaines de connaissance, qui contribuèrent tous par la suite à la Renaissance en Europe. Mais, comme le reste de l'empire des Mamelouks, la Palestine stagna, puis déclina.

Les Turcs ottomans d'Asie Mineure vainquirent les Mamelouks en 1517 et, malgré quelques périodes d'interruption, ils dominèrent la Palestine jusqu'à l'hiver 1917-1918. Le pays fut divisé en plusieurs districts (sanjaks), dont Jérusalem. L'administration de ce district fut en grande partie placée entre les mains de Palestiniens arabisés, descendant des Cananéens et des colonisateurs successifs. Toutefois, les communautés chrétiennes et juives reçurent une grande autonomie. La Palestine partagea la gloire de l'Empire ottoman pendant le 16ème siècle, mais déclina parallèlement au reste de l'empire durant le 17ème siècle. Ce déclin concerna à la fois le commerce, l'agriculture et la démographie. Il se prolongea jusqu'au 19ème siècle. À cette époque, les puissances européennes, à la recherche de matières premières et de marchés mais aussi dans un souci stratégique, s'installèrent au Moyen-Orient. Cette présence stimula le développement économique et social. Entre 1831 et 1840, Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, étendit sa domination sur la région. Ses mesures politiques modifièrent l'ordre féodal, développèrent l'agriculture et améliorèrent l'enseignement. l’Empire ottoman restaura son pouvoir en 1840, instituant de nouvelles réformes. Dans les années 1880, des colons allemands et des immigrants hébreux apportèrent les machines modernes et les capitaux dont avait besoin le pays.

Avec l'aide des Arabes, les Britanniques prirent la Palestine aux Turcs ottomans au lendemain du premier conflit mondial 1.

 

 
 
 


  (1) : Encarta : Palestine.



1) La Palestine : colonie britannique

C’est en 1922 que la Palestine passa sous mandat anglais. A l’origine le mandat sur la Palestine devait laisser une large place à l’autonomie des populations locales. Du fait de l’hostilité de la population arabe au programme sioniste, il fut impossible de mettre en place le Conseil législatif prévu par les textes. Les Arabes boycottèrent les élections : les Britanniques décidèrent de mettre en place un système d’administration directe. Le haut commissaire disposerait du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Ils contribuèrent ainsi à l’établissement d’un foyer national juif en reconnaissant l’Organisation sioniste mondiale et de l’Agence juive. Celle-ci était destinée à l’accueil des juifs en Palestine, à leur prise en charge et à l’attribution des terres. En 1947, Ernest Bevin, ministre des affaires étrangères décide de porter l’affaire palestinienne devant l’ONU. Celle-ci se prononce en envisageant la création de deux foyers :l’un juif, l’autre arabe. Jérusalem obtenant un statut particulier : elle deviendrait une zone internationale. Les autorités juives annoncent qu’elles acceptent le plan ; cependant, les États arabes s’y opposent au nom de l’autodétermination. La Grande-Bretagne refusera de participer à la mise en œuvre du plan. La période allant de la fin de novembre 1947 à la proclamation de l’État juif sera la période la plus sanglante. Les attentats se multiplient des deux côtés. Le 15 mai 1948, à minuit, les Anglais renoncent à leur mandat[1].

 

2) Origine du sionisme

Depuis des siècles, les juifs n’ont pas cessé d’immigrer en Palestine dans le but de rejoindre de petites communautés juives, mais ceci individuellement, ce qui fait qu’ils ne constituaient qu’une petite minorité. En 1887, sous l’impulsion de Théodore Herlz, journaliste juif autrichien, les sionistes programment leur retour en Palestine, où ils veulent créer un foyer juif. C’est face aux nombreux faits d’antisémitisme déclenchés par l’affaire Dreyfus que Herlz publie son livre explosif " l’Etat juif " qui propose la création d’un état juif en Palestine, une espèce de retour historique et massif.

Le terme sionisme renvoie à Sion, colonie de Jérusalem sur laquelle avait été bâti le premier Temple, et qui symbolise la Terre promise. Vers 1930, fuyant les persécutions des nationaux-socialistes les juifs d’Europe partirent en direction de la Palestine. Cependant, les rapports entre juifs et arabes sont de plus en plus tendus. En mai 1939, pour calmer les Arabes, les Anglais mirent fin à leur engagement en faveur du sionisme en publiant le Livre Blanc qui limitait l’immigration des juifs en Palestine et prévoyait la création d’un état arabe dans les dix ans qui viendraient[2].

  

3) Formation de l’Etat d’Israël (1948) :

Dans l’après-midi du 14 mai 1948, à Tel-Aviv, le Conseil du Peuple représentant du peuple juif et présidé par David Ben Gourion signe la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël.

Dès sa création, elle ouvrit ses portes aux immigrants juifs du monde entier, au nom du «droit au retour», et se dota d’institutions parlementaires, avec l’élection, en 1949, de la première Knesset.

Chaïm Weizmann devint le premier président d’Israël. David Ben Gourion, dirigeant du Mapaï, parti sioniste fondé en 1930, prit la tête du gouvernement. Il allait marquer de son empreinte les quinze premières années de l’histoire d’Israël.

Il donna la priorité à la sécurité nationale et au développement d’une armée moderne. Les milices relevant des différents mouvements politiques furent dissoutes ou intégrées à l’armée. La menace pesant sur Israël contribuait paradoxalement à la force de la nation, qui puisait également aux racines bibliques du peuple israélite.

La part importante du budget consacrée à la défense et l’afflux d’ immigrants engendrèrent rapidement de sérieuses difficultés économiques, marquées par de nombreuses dévaluations monétaires. L’aide des États-Unis permit cependant au pays de se développer rapidement 1.

 

 
 
 


 (1) : Pierre Elyakim Simsovic « Israël Cinquante ans d’Etat » Edition Ronald Hirle Strasbourg 1998, P21.

 

B/ La montée du nationalisme arabe :

 

Dès sa naissance, le nationalisme arabe moderne, a eu des fréquentations troubles. La résistance à l'influence anglaise et au développement du sionisme, considéré comme le nationalisme juif, s’est accompagnée d’une attirance et d'une collaboration effective avec le régime nazi. Le tournant décisif des années 1930 exacerbe ce phénomène. L’action du "Grand" Moufti de Jérusalem est très importante dans la constitution de l’idéologie islamiste moderne, axée à la fois sur la reconstitution de la ouma (nation arabe) par des moyens même violents et sur une recherche identitaire s'inspirant des origines de l'Islam, d'où la haine de l’Occident et d’Israël. L'argent du pétrole a financé pendant deux générations cette haine et sa transformation en dogme de vie.
Nourri de Marx et de Hitler, le Baas (et son succédané, le nassérisme) a été le creuset politique où a sombré une partie du Moyen Orient, l'entraînant dans la régression socio-économique et l'éloignant des réalités du monde moderne. Héros et champion d'un nationalisme arabo-musulman, Haj Amin al Husseini a jeté les bases d'un Islam délinquant et suicidaire 1.

 

1/ Les différentes guerres israélo-arabe.

Les pays arabes, cependant divisés par différents choix politiques et des rivalités de pouvoirs se retrouvent pour s’opposer à l’existence d’Israël. Les décennies suivantes seront marquées par des guerres menées contre Israël.

 a) Première guerre israélo-arabe.

Au lendemain de sa création, le 15 mai 1948, Israël est attaqué par les pays arabes et en particulier par l’armée de libération arabe. Cette dernière pénètre en Galilée afin d’empêcher la mise en œuvre du plan de partage. Cinq armées envahissent l’état hébreu. La première des guerres Israélo-Arabes commence. Israël riposte avec succès et s’empare de 75 % de la Palestine (soit 20.700 km²). Du côté arabe la défaite est écrasante : 700.000 palestiniens sont devenus des réfugiés fuyant vers des camps au Liban, en Syrie, en Cisjordanie (sous administration jordanienne) et dans la bande de Gaza (sous administration égyptienne). Ils ne veulent qu’une chose, le retour dans leur foyer. Mais ils se heurtent d’emblée au refus israélien.

La question des réfugiés réduit à néant l’unique effort diplomatique entrepris pour trouver une solution politique au conflit : la conférence de Lausanne, convoquée en 1949, s’enlise rapidement, les délégués arabes s’opposant à toute discussion tant qu’Israël ne s’engage pas préalablement à autoriser leur rapatriement.

 

 

 


(1) : Olivier Carré «  le nationalisme arabe » Edition Payot & Rivages Paris 1997, page 13/38.

 

 

b)La crise de Suez.

L’année suivante, en 1949, des réfugiés palestiniens tentent de retourner sur leur terre, en Israël, afin de pouvoir la cultiver, de retrouver leur famille ou tout simplement parce que c’est leur pays. Les " infiltrations " s’accompagnent parfois d’assassinats. En février 1955, l’attaque meurtrière, en représailles contre les infiltrations arabes, d’une base de l’armée Egyptienne à Gaza, précipite l’engagement de Nasser, chef de l’état Egyptien, en faveur des combattants palestiniens qui peuvent désormais compter sur l’aide directe du Caire.

En novembre-décembre 1956, le pacte de Bagdad est conclu : il regroupe les régimes les plus conservateurs (Iran, Pakistan) sous la protection de la Grande-Bretagne. Le pacte conduit le dirigeant égyptien à se rapprocher du bloc soviétique. Le refus américain de financer la construction du barrage d’Assouan le pousse finalement à défier l’Occident en nationalisant la compagnie du Canal de Suez alors propriété franco-britannique. C’est l’occasion pour Israël de repousser au-delà du Sinaï les lignes arabes. C’est un succès militaire, l’opération menée conjointement avec les puissances coloniales alors déclinantes que sont alors la France et la Grande-Bretagne, est un fiasco politique. Sur la pression conjointe de l’URSS et des Etats-Unis, les forces des trois pays sont contraintes de se retirer.

Cela s’explique par le fait qu’entre temps l’Egypte avait obtenu un soutient de l’URSS.

Enfin, le coup d’état de février 1966 favorise un rapprochement avec Nasser : les deux pays, la Syrie et l’Egypte, signent un nouveau pacte de défense mutuelle qui réveille, en Israël, la crainte d’un encerclement.

 


c) La guerre des Six Jours en juin 1967.

La guerre des six jours opposa  Israël aux pays arabes à savoir l’Egypte, la Jordanie et la Syrie, soutenu par l’Irak, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Soudan et l’Algérie.

Cette guerre fut l’aboutissement du conflit israélo-arabe, qui de se traduisit par des positions de plus en plus agressives de part et d’autres.  L'Égypte en vint à décréter la fermeture du détroit de Tiran qui ouvre sur le golfe d'Akaba — un passage clef du transport maritime — à la navigation israélienne, ce qu'Israël considéra comme une provocation.

Les hostilités furent déclenchées le 5 juin par un raid préventif israélien qui détruisit presque toute l'aviation égyptienne au sol. Puis Israël occupa aussitôt la bande de Gaza et s'avança dans le Sinaï. Simultanément, les Israéliens, Longuement préparée avec le soutien matériel et financier des Etats-Unis, combattaient les Jordaniens dans la vieille ville de Jérusalem et marchaient sur la Syrie. Le 10 juin, lorsque les affrontements cessèrent, Israël contrôlait toute la péninsule du Sinaï, Gaza, la Cisjordanie, la partie arabe de Jérusalem et le site stratégique des hauteurs du Golan, en Syrie. Israël avait gagné des territoires dont la superficie était quatre fois supérieure à la sienne en 1949, avec une population arabe de 1,5 millions d'habitants 1.

Après six mois de guerre intense, la réaction de la communauté internationale était par le biais du Conseil de sécurité, le 22 novembre 1967 où il adopte une résolution (242) qui exige l’instauration d’une paix juste et durable au Moyen-Orient, qui passe par « le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant ce récent conflit » et le « respect et reconnaissance de la souveraineté de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque Etat de la région, et leur droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces et d’actes de force. » La version anglaise est plus ambiguë parlant de retrait « from territories » ce que certains ont pu traduire par « de territoires », formule plus vague que « des territoires ». Cette résolution, reprise dans toutes les négociations ultérieures, jette les bases de la paix au Proche-Orient : l’évacuation par Israël des territoires occupés et la reconnaissance par les Etats arabes du droit d’Israël à la paix dans des frontières sûres 2.

 

 

 

 

  

     

 

 
 
 


(1)     : Pierre Hazan « La guerre des six jours, la victoire empoisonnée» Edition Complexe Bruxelles 1989, P36/47

(2)    : Résolution de l’ONU 22/11/1967.

  


d) L’attaque palestinienne le jour de la fête juive du Kippour.

Le jour le plus sacré du calendrier hébraïque, le jour du Yom Kippour, les pays arabes attaquent Israël, Nasser déclenche une guerre limitée qui doit entamer la foi d’Israël en sa supériorité militaire. L’offensive égyptienne le long du canal de Suez est déclenchée le 6 octobre 1973. Les pays arabes sont divisés : l’Irak et la Libye veulent détruire Israël alors que l’Egypte veut contraindre Israël à la paix. La bataille qui s’était mal engagée pour Israël s’achève par une nouvelle victoire israélienne. Elle renforce ses positions dans le Sinaï et dans le Golan et intensifie sa politique de colonisation.

Le revers militaire incite l’URSS, qui a soutenu ses alliés arabes, à se concerter avec l’Europe. Par l’intervention de l’ONU, ils installent un cessez-le-feu.

La guerre de Kippour a été la plus internationalisée de toutes celles qui ont opposé Israël et ses voisins. Elle a impliqué à un engagement maximal des deux superpuissances et la mobilisation des états arabes producteurs de pétrole. Elle marque l’ouverture d’une vie nouvelle : celle de la négociation politique.

e)Opération " Paix en Galilée ".

Le 19 novembre 1977, l’Egypte, afin de parvenir à un règlement de paix définitif, envoie Sadate à Jérusalem. Le nouveau Premier ministre israélien Menahem Begin est résolu à conclure la paix avec l’Egypte qui reste l’adversaire le plus redoutable d’Israël, mais il ne veut pas entendre parler des droits politiques pour les Palestiniens.

En 1979, Israël restituera le Sinaï à l’Egypte au cours d’un traité de paix (Camp David) à la Maison Blanche, ce qui a pour conséquence de rétablir des relations politiques, culturelles et économiques.

L’Egypte est alors exclue de la Ligue arabe, elle ne rentrera définitivement dans le giron arabe qu’en 1989 avec l’intégralité du Sinaï mais sans son leader visionnaire, assassiné par des islamistes en 1981 1.

 Begin et son ministre de la défense, Ariel Sharon, pensent être en mesure de porter le coup de grâce à l’organisation palestinienne, l’OLP, en frappant sa base stratégique au Liban. En effet, Israël voit d’un mauvais oeil la puissance croissante de l’OLP.

Le 6 juin 1982, elle envahira, lors de l’opération " Paix en Galilée ", le Liban afin de détruire les bases palestiniennes, chasser Yasser Arafat et les combattant de l’OLP 40 kilomètres au Nord des frontières. Officiellement, elle était destinée à assurer le sécurité de la frontière Nord d’Israël contre les attaques et infiltrations de commandos palestiniens. Il en résulte, une fois de plus, un exode palestinien qui fuient en Tunisie, sous la protection d’une force multinationale.

Suite à des massacres perpétrés par les forces libanaises dans les camps palestiniens de Sabra et de Chatila et au développement d’une guérilla meurtrière, l’armée israélienne doit se retirer du Liban en 1985.

 

 
 
 


(1)     : Georges Corm «  Le Proche-Orient éclaté » Edition La découverte/Maspero Paris1983 P205/212

 

2/ Apparition des mouvements organisés (OLP-SDLP-SDPLP-CNP-HAMAS) .

 

Le MNA (Mouvement des Nationalistes Arabes) voit le jour en 1951 à Beyrouth. Parmi ses membres un jeune médecin chrétien de Jaffa, Georges Abache.

Le GUPS (Union générale des étudiants palestiniens) est créer en 1952 par des adolescents dont Yasser Arafat. En 1956, elle demande à participer à la Crise de Suez. Elle a des sections dans le monde arabe mais aussi en Europe (en Allemagne fédérale notamment).

Le GUPS et le MNA imprégneront les deux principaux courants de résistance palestinienne.

Au lendemain de juin 1967, le MNA donne naissance au FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine) qui est à tendance gauchiste défendant les thèses de Giap, de Mao Tsé-Toung et de Che Guevara sur la guerre populaire de libération.

Issu du GUPS, le Fatah (Mouvement de libération nationale palestinienne) est nationaliste palestinien.

Le Hamas (ce qui signifie "ardeur" en arabe) ou plus exactement le "Mouvement de la résistance islamique" fut fondé à Gaza en décembre 1987 par le cheik Ahmad Yassine. Lors de l’Intifada, la Hamas commença à mener des attaques contre les Israéliens (attentats à la bombe, opérations suicides). C’est un adversaire déterminé du processus de paix, menaçant même de déclencher une guerre civile si un compromis militaire était passé avec Israël. Suite aux nombreux attentats perpétré par le Hamas de 1994 à 1996, le gouvernement palestinien prit des mesures très répressives, emprisonnant de nombreux activistes.

C’est le 28 mai 1964, lors du premier Sommet arabe au Caire. que le Fatah et d'autres groupes s'allient pour former l'OLP (Organisation de libération de la Palestine). Elle dirigée à sa création par Ahmad Shoukeyri puis par Yasser Arafat. Elle n’hésite pas à recourir à la violence et à la lutte armée jusqu’au 13 décembre 1988 où Arafat affirme " renoncer totalement au terrorisme " devant l’ONU. La centrale palestinienne se dote d’un parlement en exil, le CNP (Conseil National Palestinien). Le 2 juin, le CNP vote une charte et en août, on constitue un Comité exécutif ainsi que l’ALP (Armée de Libération de la Palestine) 1.

 


 
 
 


  (1) Elias Sanbar « Les Palestiniens dans le siècle », Edition Découvertes Gallimard, Page 82

 

 

3) L’Intifada.

L'Intifada (soulèvement, en arabe) appelée aussi " révolte des pierres ", éclate à Gaza au cours du mois de décembre 1987. Des adolescents palestiniens affrontent l'armée occupante (appelée Tsahal) à coups de jets de pierres et de cocktail molotov. Ce qui en soi est une grande innovation se révèle être très efficace car l’armée israélienne, habituée à la guerre des armes à feu, est paralysée face à ces jeunes aux techniques archaïques. Par ailleurs, cette guerre dévoile un mécanisme profond de l’autodéfense traditionnelle des sociétés arabes où les jeunes se battent alors que les adultes minent le terrain par la grève, la résistance passive, etc.… Le peuple ne veut plus de cette occupation qui n'a que trop duré, il est prêt à passer à un niveau supérieur de résistance pour s’en libérer, il manque de liberté politique et économique et veut se révolter contre la confiscation de leurs terres par Israël. L’Intifada, non seulement oblige le retour des négociations mais, de plus, les rends possibles car elles avaient été abandonnées depuis longtemps. Les conséquence sont de dures répressions par l'Israël avec notamment le long cortège des enfants abattus et les milliers de jeunes emprisonnés ou torturés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


II/ Le rapprochement israélo-palestinien et la situation actuelle:

 

 

A/ Les négociations israélo-palestiniennes.

 

1/ Conférence de Madrid en octobre 1991. 

 

Sous la pression américaine, Israël accepte pour la première fois d’assister à une conférence de paix internationale et de négocier avec des représentants des Palestiniens, qui ne se cachent pas d’avoir des liens officieux avec l’OLP. Inauguré à Madrid en octobre 1991, la conférence de paix se déroule sans progrès significatif 1.

 

 

2/  Traité d’Oslo I et II.

 

Des négociations secrètes tenues à Oslo entre des membres de l'OLP et du gouvernement israélien aboutissent en septembre 1993 à une reconnaissance mutuelle. L'OLP et Israël ont alors entamé un processus de négociations bilatérales supposées apporter une solution définitive au conflit israélo-palestinien.

a) La Déclaration de Principes - dit Accord d'Oslo - est signé publiquement à Washington le 13 septembre 1993. Elle précise le cadre général des négociations et pose les bases d'un régime d'autonomie palestinienne en Cisjordanie et à Gaza pour une période intérimaire au terme de laquelle doit être trouvé un règlement définitif basé sur les résolutions 242 et 338. Ce règlement devra porter non seulement sur la forme juridique permanente de l'entité palestinienne mais aussi sur Jérusalem, les réfugiés, les colonies, la sécurité globale, le tracé des frontières et d'autres matières d'intérêt commun.

b) L'Accord d'Autonomie sur Gaza-Jéricho :

Dit Accord du Caire ou Accord Oslo I - est signé le 4 mai 1994. L'option Gaza-Jéricho est la première phase de l'autonomie palestinienne. Le redéploiement de l'armée israélienne précède la mise en place d'une autorité (l’Autorité Nationale Palestinienne) investie de pouvoirs civils et sécuritaires limités. Un contrôle israélien direct subsiste toutefois sur les colonies et les installations militaires. En vertu de la Déclaration de Principes, la période intérimaire débute avec le retrait israélien de Gaza-Jéricho. Elle devrait donc se terminer en mai 1999 2.

 

 

 

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