La segmentation reflète tout ce qui signifie régionalisme, neutralisation, distinction qui renvoient vers des visions négatives d’une catégorie à une autre. [1]
La question du régionalisme en Algérie décrite a travers les études sociologiques anciennes, notamment avec le sociologue du moyens âge maghrébin « Ibn Khaldoun » qui le précise dans sa théorie de La açabia (le clanisme), qui n’a jamais disparu jusqu’à nos jours. A ce constat, si nous approfondirons dans la nature structurelle au niveau des fonctionnaires algériens, nous trouverons que l’appellation de ladite théorie est très répondue. Où un président, un général, un directeur d’entreprise, s’entoura le plus souvent d’hommes ou de femmes de sa région, ainsi de ceux qu'ont des liens parentaux avec lui. Commençant par le haut "le pouvoir algérien" dès l’indépendance a longtemps concentré aux mains des BTS, c’est-à-dire les dirigeants sont originaires de triangle régional Est, Batna, Tébessa et Souk Ahras jusqu’au années 1980, dont elles ont été marquées par la montée du pôle Ouest, car l’épouse de président Chadli Bendjdid originaire de l’Ouest, elle est très proche au général « Larbi Belkhir » [2] Quant à la région centre y compris la Kabylie, elle a jusque-là produit, souvent à haut niveau s’entend nombre de serviteurs complètement zélés du pouvoir, passant de l’auteur de la charte nationale de 1966 jusqu’à l’actuelle la ministre de la culture.
Par ailleurs nous demandons pourquoi les partis politiques d’oppositions, d'appelation démocratique n’arrivent pas à se regrouper et de constituer une force politique cohérente ?
Dans ce sens la grande partie des forces politiques qui ont été vu le jour en 1989, à l’exception des parties historiques (FFS, MTLD, GPRA..), tous reflétaient une certaine appartenance et une focalisation sur une ou deux régions, de même a travers leurs noms, nous découvrions le poids de chacun sur la scène politique nationale. Sans doute c’est que pour les leaders l’importance ce n’est plus le regroupement, ni le rassemblement, mais c'est de savoir au profil de qui s’effectuera. Citant le cas de rassemblement pour la culture est la démocratie (RCD), en juillet 1993 le président du parti « Sadi Saïd » voulut faire transformer le rassemblement en regroupement sous le slogan (Le mouvement pour la République). Or que en réalité il voulait organiser sa propre promotion à la tête de l’Etat, je me souviens bien où j'ai lu des petites fiches sur lesquelles inscrit "Sadi President".
Aussi auparavant c’était avec le syndicat des travailleurs, L’UGTA (Union Générale des Travailleurs Algériens) lors d'une marche le 22 mars 1993. La popularité de qui est le président de syndicat « Benhamouda Abelkader » l’a suscité son intention a dénommé la marche « pour la démocratie », celà signifie que les travailleurs algériens ont besoins de la démocratie, non pas leur droits du travail!! Quelle drôle d'idée !!
Survolant sur le mouvement islamique, celui là aussi n’échappe pas à cette spécificité, alors que les chefs ont fait ruse, ont révé de défendre à plusieurs reprises l’hypothèse d’une nation islamique en rejetant le clanisme et le regroupement et tout sentiment nationaliste. Le Parti a été cependant divisé sous tendances régionales , sans rendre compte que l’islamisme né dans les campus de l’Est du pays. Mais son succès tient à rassembler, à l’instar des principes des Etats islamiques( Iran,Pakistan, Afganistan ...) . Le FIS a donc utilisé l'atout de la situation sociale de l'epoque, où la jeunesse urbaine pauvre et bourgeoise pieuse par l’entremise d’une intelligence islamique dynamique que qui sait produire une idéologie de rassemblement, de mobilisation dont chacun trouve son compte et qui parvient même à récupérer une partie des principes des nationalistes qu’elle soustrait à l’emprise du FLN [3] .
Se sont les divisions régionalistes qui avaient déjà empoisonné les mouvements nationalistes et, cela reste comme un danger potentiel, car il arrivera des cas de crises difficiles à les résoudre, voire impossible à cause d’une mauvaise appréciation qui les détournera par la suite de leur objectif, principalement par ce filtre du régionalisme. Dès lors, la responsabilité revienne au pouvoir politique qui alimente ces états de faits. Cela nous renvoyons avant l’indépendance, dans cette période nous constatons que déjà les distinctions raciales (arabe, berbère) ont été déjà émergées, précisément en 1949 lors de la revendication berbère.
Après l’indépendance c’était le plus pire des divergences. Rappelons que la répression de la cause identitaire algérienne protestée en 1980, représente les bases de ce dessein, où l’effet de la rimeur officielle tire son importance de sa rapidité de propagation, dans le but de convaincre une partie du la population sur les perspectives d’une autre, par exemple les rimeurs colportées des agents du pouvoir et par la presse officielle, lorsque ils accusèrent les manifestants de Kabylie d’avoir brûlé le drapeau national, ce qui a incombé un véritable impact sur le reste du pays. De même, des provocateurs distribuèrent des documents ronéotypés censés exprimer la pensée de mouvement berbère, en donnant la signification du mot « arabe » dans son sens vulgaire, voire même cette signification apparue dans les poèmes de "Mofdi Zakaria" et même c'était la cause de son assassinat à Tunis. Alors le résultat était la mise œuvre des frontières régionales invisibles qui s’étendra sur un vaste champ de neutralisation dans tout les domaines de la société algérienne, notamment sur le plan des avancées sociétales et leur influence sur les jeunes générations. On a constaté toutes et tous la rareté des cas de mariages mixtes entres kabyles et originaires d’autres régions. C’est une stratégie planifiée d’avance qui gagnera le peuple algérien dans sa longue lutte.
Evidement la gravité de la situation poussera à neutraliser les régions d’Algérie en ordre de sa sensibilité, telle que la révolte kabyle « printemps noire avril 2001 » où la plupart des régions restaient dans le silence total, et pourtant les revendications ont une entité nationale, de plus c’est tout le peuple qui souffre dans son ensemble depuis des siècles. En effet, ce n’est que le vrai objectif de régionalisme au sens négatif et bien l’efficacité de la stratégie de gouvernance « Diviser pour mieux régner » qui va incarner le mépris ethnique, aveugle dans une région toute entière, et même de procéder à leur extermination lorsque les désarrois et le dégoût trancheront vers l’autodétermination.
A.BAHMED
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